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lundi 10 février 2014
Elections municipales 2014: Commune de Châtellerault
Le fief de la famille Abelin
La commune de Châtellerault a longtemps été de tradition radicale jusqu'à ce que le centriste Pierre Abelin en fasse son fief en 1959. Alors élu maire, il devient ensuite conseiller général en 1964, puis président du conseil général en 1967. Il mène en parallèle une carrière nationale: député de 1945 à 1958 puis de 1962 à 1974, il est plusieurs fois secrétaire d'Etat puis ministre de la coopération de 1974 à 1975. Il doit quitter ce poste suite à l'affaire Claustres. Il décède peu après sa réélection de 1977.
La lutte était alors chaude face au communiste paul Fromonteil tête de liste de l'union de la gauche en 1977, et Edith Cresson qui le met en ballotage lors de l'élection législative partielle de 1975, puis lors des cantonales de 1976. A la faveur de l'élection municipale partielle de 1977, Geneviève Abelin, veuve de Pierre, devient maire de la commune, tandis que son fils est élu conseiller général du canton de Châtellerault nord.
Et vint l'ère Cressson
Et vint l'ère Cressson
Les portes de la mairie ne lui étaient pour autant pas ouvertes. Elu député en 1978, il perd son siège lors de la vague rose de 1981. En face, Edith Cresson a patiemment tissé sa toile. Maire de Thuré à partir de 1977, députée en 1981, elle est élue conseillère générale du nouveau canton de Châtellerault ouest (qui englobe Thuré) en 1982. Elle conduit la liste de gauche aux municipales de 1983 à Châtellerault face à Jean-Pierre Abelin. Handicapé par la liste de Dominique Jamet, Jean-Pierre Abelin est battu au 2ème tour, et Edith Cresson donne une des rares victoires à la gauche lors d'un scrutin marqué par une nette avance de la droite au plan national. Elle est réélue à ses différents postes et conserve la mairie dès le 1er tour en 1989. Il faut dire que la notoriété d'Edith Cresson est devenue forte en raison des différents postes ministériels qu'elle occupe, le plus éminent étant celui de 1er Ministre de 1992 à 1993.
Les difficultés commencent alors à droite durant cette période. Aux municipales de 1995, une primaire oppose l'UDF Jean-Pierre Abelin au RPR Philippe Rabit. Les deux listes n'arrivent pas à fusionner ce qui occasionne une triangulaire au 2ème tour et donne une nette victoire à Edith Cresson.
Une succession "légèrement" problématique
A gauche, c'est la succession d'Edith Cresson en 1997 qui suscite des rancunes. L'ancien chef de cabinet d'Edith Cresson, Gilbert Guérineau, estime en effet que la succession lui revenait alors que Joël Tondusson était devenu maire. Ainsi, lors des municipales de 2001, Gilbert Guérineau prend la tête d'une liste divers gauche avec pour but affiché de battre le maire sortant. Curieusement, cette division de la gauche a des répercussions plutôt inattendues à droite. Jean-Pierre Abelin décide de ne pas se présenter aux municipales, et de soutenir officiellement Philippe Rabit pour ce scrutin. Mais, l'électorat centriste ne le suit pas dans cette voie et préfère voter pour la liste Guérineau. D'un tour à l'autre, la liste Guérineau progresse même sensiblement au point d'atteindre le tiers des suffrages et de réduire la droite "officielle" à un gros quart.
Les comptes sont soldés en 2008. Joël Tondusson trouve en la personne de Gilles Michaud un nouveau Gilbert Guérineau: un opposant irréductible qui se maintient au seond tour et lui fait perdre la mairie. Cette fois-ci en-effet, Jean-Pierre Abelin a laissé partir très tôt en campagne Philippe Rabit. tactiquement, on pourrait penser qu'il s'apprête à rééditer les élections de 2001. En fait, il se lance tardivement, expliquant que l'on a fini par lui forcer la main pour occuper un poste qu'il ne désirait pas. Reste que Philippe Rabit apparaît comme la victime de cette tactique, puisque les instances nationales de l'UMP soutiennent Jean-Pierre Abelin! Après une triangulaire assez chaude entre les deux listes de gauche, Jean-Pierre Abelin l'emporte sans obtenir la majorité absolue des voix.
Retour à la normale?
Dans l'immédiat la seule liste véritablement en campagne est celle de gauche conduite par Michel Guérin. Ancien premier adjoint, il est parvenu à rassembler toute la gauche. Il a d'ailleurs été élu à la suite de Joël Tondusson comme conseiller général de Châtellerault-ouest.
A droite, on ignore exactement ce que la famille Abelin va faire. Dans l'immédiat, Jean-Pierre Abelin répond aux arguments de Michel Guérin sans plus. Au FN, on attend la publication d'une liste conduite par Eric Audebert qui a créé la surprise lors des dernières cantonales à Châtellerault-sud en se qualifiant pour le second tour.
Reste la présence vraisemblable d'une liste de LO.
Le résultat de ces municipales est à vrai dire conditionné par la participation qui dépasse péniblement les 60%. Le question de l'abstention est l'une des données de l'élection, en particulier elle conditionne le score du FN. Lors des dernières cantonales, sur Châtellerault, Eric Audebert n'avait pas gagné de voix en valeur absolue, mais la forte abstention des électeurs favorables aux autres tendances lui avait permis d'atteindre le second tour.
On remarquera que la commune qui était hésisante aux scrutins régionaux et nationaux a dérivé clairement à gauche. Un phénomène local d'opposition à la candidate socialiste explique que Jean-Pierre Abelin ait réussi à obtenir de bons scores en 2002 et en 2007. A l'opposé, il perd son siège de député en 2012 au profit de la verte Véronique massonneau à cause du cote châtelleraudais qui lui est très défavorable.
Une succession "légèrement" problématique
A gauche, c'est la succession d'Edith Cresson en 1997 qui suscite des rancunes. L'ancien chef de cabinet d'Edith Cresson, Gilbert Guérineau, estime en effet que la succession lui revenait alors que Joël Tondusson était devenu maire. Ainsi, lors des municipales de 2001, Gilbert Guérineau prend la tête d'une liste divers gauche avec pour but affiché de battre le maire sortant. Curieusement, cette division de la gauche a des répercussions plutôt inattendues à droite. Jean-Pierre Abelin décide de ne pas se présenter aux municipales, et de soutenir officiellement Philippe Rabit pour ce scrutin. Mais, l'électorat centriste ne le suit pas dans cette voie et préfère voter pour la liste Guérineau. D'un tour à l'autre, la liste Guérineau progresse même sensiblement au point d'atteindre le tiers des suffrages et de réduire la droite "officielle" à un gros quart.
Les comptes sont soldés en 2008. Joël Tondusson trouve en la personne de Gilles Michaud un nouveau Gilbert Guérineau: un opposant irréductible qui se maintient au seond tour et lui fait perdre la mairie. Cette fois-ci en-effet, Jean-Pierre Abelin a laissé partir très tôt en campagne Philippe Rabit. tactiquement, on pourrait penser qu'il s'apprête à rééditer les élections de 2001. En fait, il se lance tardivement, expliquant que l'on a fini par lui forcer la main pour occuper un poste qu'il ne désirait pas. Reste que Philippe Rabit apparaît comme la victime de cette tactique, puisque les instances nationales de l'UMP soutiennent Jean-Pierre Abelin! Après une triangulaire assez chaude entre les deux listes de gauche, Jean-Pierre Abelin l'emporte sans obtenir la majorité absolue des voix.
Retour à la normale?
Dans l'immédiat la seule liste véritablement en campagne est celle de gauche conduite par Michel Guérin. Ancien premier adjoint, il est parvenu à rassembler toute la gauche. Il a d'ailleurs été élu à la suite de Joël Tondusson comme conseiller général de Châtellerault-ouest.
A droite, on ignore exactement ce que la famille Abelin va faire. Dans l'immédiat, Jean-Pierre Abelin répond aux arguments de Michel Guérin sans plus. Au FN, on attend la publication d'une liste conduite par Eric Audebert qui a créé la surprise lors des dernières cantonales à Châtellerault-sud en se qualifiant pour le second tour.
Reste la présence vraisemblable d'une liste de LO.
Le résultat de ces municipales est à vrai dire conditionné par la participation qui dépasse péniblement les 60%. Le question de l'abstention est l'une des données de l'élection, en particulier elle conditionne le score du FN. Lors des dernières cantonales, sur Châtellerault, Eric Audebert n'avait pas gagné de voix en valeur absolue, mais la forte abstention des électeurs favorables aux autres tendances lui avait permis d'atteindre le second tour.
On remarquera que la commune qui était hésisante aux scrutins régionaux et nationaux a dérivé clairement à gauche. Un phénomène local d'opposition à la candidate socialiste explique que Jean-Pierre Abelin ait réussi à obtenir de bons scores en 2002 et en 2007. A l'opposé, il perd son siège de député en 2012 au profit de la verte Véronique massonneau à cause du cote châtelleraudais qui lui est très défavorable.
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mercredi 5 février 2014
Elections municipales 2014: Commune de Poitiers
Le tournant de 1977
L'élection municipale de Poitiers de 1977 constitue un tournant dans la vie politique locale en mettant un terme à plusieurs décennies de gestion modérée puis gaulliste. En fait, la commune dérivait peu à peu vers cette issue, en raison d'un développement rapide à l'origine de quartiers nouveaux pourvoyeurs de nouveaux électeurs: les Couronneries par exemple. Ainsi, l'élection du gaulliste Pierre Vertadier en 1965 contre le modéré Jacques Masteau en 1965 constitue un bon indice de l'évolution en profondeur qui affectait Poitiers: le "mouvement" gaulliste, l'emportait sur "l'immobilisme" modéré.
Sans doute Pierre Vertadier commit l'erreur de vouloir aller trop vite et trop loin dans la modernisation. Taxé d'urbaniste pompidolien à l'instar de Pradel à Lyon, sa popularité résista difficilement aux coups des pelleteuses chargées de faire place nette en plein coeur historique pour contruire des halles couleur béton surmontant un parking souterrain... Battu lors des cantonales de 1976 dans le canton de Poitiers sud tandis que son rival centriste Jacques Grandon était réélu dans le canton de Poitiers nord, il renonçait à se représenter lors des municipales de 1977.
Face à la liste d'union de la gauche conduite par le socialiste Jacques Santrot, une liste centriste, et une liste de la majorité (de droite) conduite par Jacques Grandon secondé par Jean-Yves Chamard, maire-adjoint sortant, s'efforçaient de prendre la succession de Pierre Vertadier. La gauche prenait légèrement l'avantage sur la droite au 1er tour. Eliminée, la liste centriste marginalisée laisait ses électeurs libres de leur choix. La conjoncture nationale achevait d'aider le mouvement de bascule. Jacques Santrot prenait la tête de la commune, appartenant à cette génération de maires socialistes du grand ouest qui remportaient des mairies longtemps démocrates-chrétiennes ou modérées (Rennes, La Roche-sur-Yon, Angoulême...).
La droite à la peine
Depuis, la droite locale tente de reconquérir la mairie en tentant des configurations différentes. Jacques Grandon échoue à nouveau en 1983 avec un score équivalant à celui de 1977. Michel Roger n'a guère plus de succès en 1989, y compris avec le maintien de la liste des Verts au 2ème tour de scrutin. La droite chute alors à 41% des voix. Jean-Yves Chamard se casse les dents dès le 1er tour en 1995, l'écart est alors de 10%. Il est vrai que la gauche bénéficie pleinement de l'urbanisation des quartiers sud qui lui sont favorables.
Consciente de son manque de renouvellement, la droite choisit une tête de liste totalement nouvelle en 2001 en la personne d'Elisabeth Morin. Amie très proche de de Jean-Pierre Raffarin qui ne lui a pas encore laissé les clés de la région, elle mène une campagne active, tandis que J.Santrot est gêné par deux listes d'extrême-gauche plutôt pugnaces. La conjoncture nationale se révèle aussi favorable à la droite. Le second tour est plus serré qu'on ne le prévoyait: les problèmes de reports de voix et la mobilisation de l'électorat de droite permettent alors à la liste Morin de bondir de 42 à 47% des voix. En fin de compte, la droite retrouve son score habituel, celui de 1977...
Le creux pour la gauche se situe en 2002. Tandis que Jean-Yves Chamard retrouve au sud, sans difficulté, son siège de député, le socialiste sortant Alain Claeys est soumis à un ballotage difficile au nord. Entre-temps, la gauche a perdu le canton de Poitiers 4 suite au décès de son titulaire, Jean-Luc Gaboreau. La remontée vient ensuite avec la conquête de la circonscription sud par Catherine Coutelle. Les cantons tombent un à un dans l'escarcelle du PS seul le 5ème lui échappant sur les 7 que compte la commune. A chaue élection, la gauche creuse l'écart. Alain Clayes est élu dès le 1er tour en 2008 à la tête d'une liste de type gauche plurielle. Mais, si la concurrence de la liste de LO ne lui a pas porté préjudice, la liste NPA-Alternatifs obtien un élu. En face, les centristes de Philippe Mahou et la droite de Stéphane Braconnier ont constitué deux listes. Les résultats montrent un MoDem puissant.
2014: on rebat les cartes?
Le scrutin des municipales de 2014 commence par des complications à droite. Alors que l'ancien député Eric Duboc tente un retour à la tête d'une liste centriste, il est désavoué par le Modem et l'UDI qui rallient la liste UMP de Jacqueline Daigre. Il y a donc deux listes en concurrence. Sans compter qu'une liste du FN est en cours de constitution, sa candidature étant une première à Poitiers si elle arrive à son terme.
A gauche, les Verts se sont placés très vite dans l'opposition au maire sortant PS, ralliant même à eux des membres de CAP21. A l'issue de manoeuvres pour le moins complexes, le PC rejoint la liste PS accompagné de quelques PG. Le reste du Front de Gauche (PG, GA, GU...) constitue une liste tripartite Verts-Front de Gauche-NPA, cas unique à ce jour en France. A côté subsiste la liste LO.
Reste aux électeurs à trancher. L'élection ne manque pas d'intérêt et ne peut qu'aboutir à un ballotage. On comprend tout l'intérêt de l'entre-deux tours, comprendre de la nuit de dimanche à lundi et la journée de lundi avant le dépôt des listes pour le second tour: fusion ou pas fusion? Chaude ambiance à coup sûr.
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Elections municipales 2014: Commune de Migné-Auxances
Cette commune traditionnellement administrée par la droite dérive vers la gauche. Au Républicain Indépendant Pierre Saumon succéde Claude Dasriaux qui pratique l’ouverture au point de constituer une liste comprenant des socialistes. Pierre Saumon, peu favorable à cette méthode tente sans succès de reprendre la main en 1995. Une partie de la gauche du même avis que P. Saumon constitue aussi une liste. Même échec, puisque Claude Dasriaux remporte la majorité absolue des suffrages au 2ème tour. la suite est faite d'alternances.
Soucieux de sa succession, il démissionne au profit de Didier Moreau peu avant les élections de 2001. Celui-ci prend la tête d'une liste de gauche tandis que Patrice Auzanneau celle d'une liste de droite. Celui-ci l'emporte, mais il est battu en 2008 par la liste de gauche conduite par Florence Jardin.
La sortante a constitué sa liste pour 2014. A droite, deux listes sont en cours de constitution: celle de Patrice Auzanneau et celle de Jean-Marc Mazières.
Reste que Migné-Auxances dérive de plus en plus vers la gauche qui remporte maintenant plus de 60% des voix.
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Elections municipales 2014: Commune de Montmorillon
Montmorillon fait partie de ces rêves auxquels la gauche n'a eu droit qu'une fois, en 1989, quand Philippe Charpentier prend la mairie à la tête d'une liste de gauche suite aux dissenssions de la droite. La droite d'ailleurs s'est rabibochée et n'a pas refait la même erreur en 1995: le nouveau conseiller général RPR, Guillaume de Russé s'impose dès le 1er tour puis accroit sa majorité en 2001.
La commune se met à voter à gauche à tous les scrutins depuis les régionales de 2004, notamment lors des législatives de 2007. Le suppléant de Jean-Michel Clément n'est autre que Guy Gévaudan leader de l'opposition de gauche.
Les cantonales et les municipales de 2008 paraissent prometteuses. Guy Gévaudan est alors tête de liste de gauche à Montmorillon et candidat de toute la gauche aux cantonales. La droite choisit de se diviser le travail, le canton revenant à Guillaume de Russé qui ne se représente pas et soutient Yves Bouloux. La mairie et le canton échappent à la gauche.
En 2014, la donne est différente. Le maire sortant se voit opposé deux listes: celle de Guy Gévaudan autour du PS et du PC, celle de Christophe Cafardy de centre gauche. Le pronostic est a priori favorable à Yves bouloux. Reste qu'avec deux listes, l'opposition peut ratisser plus large qu'avec une seule liste et mettre le sortant en ballotage.
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